Médecine esthétique et santé mentale : interview pour Synapse TV

Reçu par Marc Lévi dans le cadre de l’émission Les Voix du terrain de Synapse TV, média consacré à la santé mentale, le Dr Pressian Paraskevov revient sur un lien souvent sous-estimé : celui entre médecine esthétique et bien-être psychologique.
Un impact psychologique dès la première idée
Pour le Dr Paraskevov, l’impact ne commence pas au moment du geste, mais dès que le patient envisage une amélioration. Il observe une prévention de plus en plus précoce, parfois dès 18-20 ans — une démarche saine, dit-il, tant qu’elle ne bascule pas vers des exigences perfectionnistes.
Il aborde aussi la dysmorphophobie, cette perception de soi erronée, où la frontière avec une demande légitime peut être subtile. Sa réponse : écouter sans juger, comprendre l’origine de cette vision de soi, et orienter en douceur vers un accompagnement psychologique complémentaire si besoin.
Réseaux sociaux, filtres et IA
Filtres, selfies et intelligence artificielle façonnent aujourd’hui un « miroir numérique » qui expose les plus jeunes à des images irréalistes et systématiquement retouchées — un terreau à complexes. Son rôle devient alors pédagogique : rappeler qu’« une peau sans pore, sans ride, ça n’existe pas » et remettre en valeur les atouts naturels de chaque patient.
Une pratique plus décomplexée, mais toujours cadrée
En quinze ans, la demande a évolué : d’une patientèle qui dissimulait ses soins à des patients aujourd’hui plus ouverts, après une période de gestes plus visibles, vers une recherche d’équilibre et de naturel — portée par un encadrement éthique de la profession, dont le Cercle des bonnes pratiques qu’il a contribué à créer.
Un bénéfice rarement dit à voix haute
L’impact, souvent non verbalisé, se lit dans le comportement lors des rendez-vous suivants : un sourire retrouvé, plus de confiance en soi — y compris chez les hommes, en demande croissante et discrète, souvent liée au contexte professionnel. En première consultation, sa question reste la même : qu’aimeriez-vous améliorer ? Car c’est le patient, et non le médecin, qui vit avec son reflet chaque matin.
Posez votre question sur cet article